Communiqué de presse

Une perte de puissance moteur résultant de l’exploitation avec un bas niveau de carburant a mené à l’écrasement d’un hélicoptère près de Whitecourt (Alberta) en 2016

Edmonton (Alberta), le 16 octobre 2017 – Dans son rapport d'enquête (A16W0126) publié aujourd’hui, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) indique que l’absence de toute politique de la compagnie relativement à une quantité minimale de carburant dans les réservoirs à l’atterrissage a été un facteur clé dans la perte de puissance moteur d’un hélicoptère de recensement et sa collision avec des arbres près de Whitecourt (Alberta), en 2016.

Le 5 septembre 2016, durant les heures de clarté, un hélicoptère Bell 206B Jet Ranger exploité par Ridge Rotors effectuait un vol de jour pour détecter le dendroctone du pin ponderosa par recensement aérien, avec le pilote et deux recenseurs à bord. Alors qu’il volait à 160 pieds au-dessus du sol, l’hélicoptère a soudainement perdu la puissance moteur et, en quelques secondes, a chuté et a percuté des arbres. Le recenseur qui occupait le siège avant a été mortellement blessé par des arbres qui ont pénétré la cabine, tandis que le second recenseur, qui occupait le siège arrière, a été légèrement blessé. Le pilote a été gravement blessé. L’hélicoptère a été considérablement endommagé.

L'enquête a permis d'établir que durant une courte pause sur un banc de gravier avant l'accident, le pilote avait décidé de poursuivre le vol de recensement plutôt que d'avitailler son hélicoptère à la cache à carburant non loin de l'aire de pause. La quantité restante de carburant s'approchait de la quantité minimale recommandée afin de maintenir des marges de sécurité suffisantes et d'éviter que les orifices d'aspiration des pompes de gavage carburant soient temporairement découverts et exposés à l'air. La pratique courante à Ridge Rotors d'utiliser les hélicoptères à de bas niveaux de carburant a probablement influé sur la décision du pilote de poursuivre le vol.

Quelques instants avant l'accident, l'hélicoptère a effectué un virage vers la gauche. Les forces d'accélération causées par ce mouvement ont probablement permis l'ingestion d'air dans les pompes à carburant, ce qui a interrompu l'alimentation en carburant de la chambre de combustion et entraîné la perte de puissance du moteur. La compagnie utilisait des circuits d'autoallumage uniquement dans des conditions d'enneigement. Par conséquent, le système de l'hélicoptère en cause n'était pas armé. L'enquête a permis de conclure que les travaux de recensement à basse altitude combinés à de bas niveaux de carburant et au circuit d'autoallumage inactif ont contribué à l'impossibilité de rétablissement suivant la perte de puissance moteur.

Il est important que les exploitants comprennent les limites du circuit carburant de l'hélicoptère Bell 206B et les risques associés aux vols avec moins de 20 gallons américains de carburant dans le réservoir. Si les exploitants ne respectent pas les quantités minimales de carburant que recommande le manuel de vol, il y a un risque qu'ils exploitent l'hélicoptère avec un niveau de carburant qui favorise une perte de puissance du moteur.

Comme le montre cet événement, certains exploitants ne gèrent pas leurs risques en matière de la sécurité de façon efficace. L'exploitant en cause et plusieurs autres ne sont pas tenus d'avoir un système de gestion de la sécurité (SMS) officiel. Le BST a souligné à maintes reprises les avantages d'un SGS et a recommandé que Transports Canada oblige tous les exploitants d'aviation commerciale au Canada à mettre en œuvre un SGS officiel (A16-12). À ce jour, le BST n'a pu évaluer la réponse de Transports Canada à cette recommandation, puisque le ministère n'a précisé aucune des mesures qu'il compte prendre pour mettre en place un SGS officiel. La gestion de la sécurité et la surveillance figurent sur la Liste de surveillance du BST.

Transports Canada a mené une inspection de processus à Ridge Rotors après l'accident, et la compagnie a par la suite mis en œuvre des plans de mesures correctives pour remédier aux non-conformités mineures relevées par TC. La compagnie a également apporté des modifications à ses procédures d'utilisation normalisées et a formé ses pilotes en conséquence.

Voir la page d'enquête pour plus d'information.


Le BST est un organisme indépendant qui mène des enquêtes sur des événements maritimes, de pipeline, ferroviaires et aéronautiques. Son seul but est de promouvoir la sécurité des transports. Le Bureau n'est pas habilité à attribuer ni à déterminer les responsabilités civiles ou pénales.

Pour de plus amples renseignements :
Bureau de la sécurité des transports du Canada
Relations avec les médias
Téléphone: 819–994–8053
Courriel: medias@bst.gc.ca